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Brahim Younessi: Le DRS, le MAOL et moi

 

 

Le doyen de l’opposition algérienne en exil, Brahim Younessi resté fidèle à ses principes, malgré le temps et les hommes, fait l’objet depuis quelques temps d’un harcèlement tant de la part du pouvoir que de pseudos opposants des salons parisiens. Cet harcèlement a atteint un degré tel que c’est à ses amis et à ses proches restés en Algérie qu’on s’attaque aujourd’hui.

L’un des principaux artisans de la presse citoyenne et l’une des pièces maîtresses du magazine Racines d’Outre-Med’, il rompt le silence pour dénoncer toutes ces mesquineries qui cherchent à lui nuire. Dans les prochains jours, il fera une apparition digne d’intérêt sur une chaîne de télévision satellitaire. Avant de le découvrir à travers la petite lucarne commençons par le lire au sujet du harcèlement.

 

" Que me veut le DRS ? Cet été, plusieurs de mes connaissances ont été interrogés à mon sujet. Sur ma vie privée, mes activités politiques et surtout, question incessante, sur mon appartenance supposée au MAOL (Mouvement algérien des officiers libres) dont je serais, selon lui, le chef.
Déjà en 1999, deux journalistes algériens, Yassir Benmiloud (YB) et Khaled Melhaa étaient venus vérifier auprès de moi, ce dont je les remercie, des informations sur « la direction occulte » de ce mouvement que le colonel Hadj Zoubir, aujourd’hui à la retraite, leur avait fait transmettre par l’intermédiaire d’un agent étranger. Il faut dire que quelques semaines auparavant Yassir Benmiloud avait publié une longue enquête sur le MAOL dans le journal « Le Monde » qui laissait penser que ce mouvement était bel et bien un regroupement d’officiers algériens ayant déserté, pour ceux installés à l’étranger, les rangs de l’ANP.


Je démentis formellement en être ne serait-ce que membre du MAOL avec lequel je n’entretenais aucune relation, n’étant pas moi-même un militaire, et démontai une à une les fausses preuves exhibées par le colonel Hadj Zoubir pour m’impliquer. Les deux journalistes ont réagi avec professionnalisme à cette opération perfide car, j’en suis sûr, ils avaient déjà compris, avant de venir me voir, qu’il s’agissait d’une manipulation et d’une intoxication de l’opinion publique internationale, le MAOL ayant été une bonne source pour la presse mondiale. Je suppose qu’ils ont poursuivi leur enquête pour se convaincre définitivement que les noms qui leur ont été livrés n’avaient strictement rien à voir avec le MAOL. (Il s’agit notamment de Abdelhamid Brahimi, Larbi Zitout et Saad Djebbar. Si je connaissais l’ancien Premier ministre, je n’ai jamais rencontré le diplomate et l’avocat.)


Les deux journalistes ont renoncé à travailler sur cette affaire, laissant à d’autres le soin de me démasquer. Un article insipide avait paru dans le journal « Liberté » ne mentionnant aucun nom, l’auteur s’était limité à dire que le FIDA était, peut-être, derrière le MAOL.


Alors que signifie cette nouvelle cabale du DRS qui me présente encore comme le patron de ce mouvement au moment où, à ma connaissance, ce dernier a levé le frein à main depuis quelques mois ?

 

Brahim YOUNESSI