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Terrorisme
 


 

Ahmed Ouyahia

 

 

Elève de Mahieddine Ammimour, qu'il  a cotoyé durant de longues années, il a dépassé le maître pour devenir l'homme des sales besognes du système. Je l'ai connu lorsqu'il effectuait son service national à la direction de la communication de la présidence. Son travail consistait à distribuer les badges pour les journalistes chargés de couvrir les activités du président de la République. Parallèlement, il était pigiste à l'hebdomadaire sportif El Hadef et à l'hebdomadaire du FLN, Révolution Africaine. Il signait ses articles sous le pseudonyme de O. Mourad. A cette époque, il était très gentil, très serviable avec tout le monde. Contrairement à certaines rumeurs, cet énarque originaire de Kabylie n'a jamais fait partie des effectifs de la Sécurité militaire. Evidemment comme tous les larbins, il se plie en quatre devant un sergent des services et n'hésite pas à exécuter n'importe quel ordre qu'on lui donne. Pour preuve, il est actuellement l'un des sous-traitants les plus en vue de la mafia, parmi le personnel politique.
   

L'ancien petit distributeur de badges est aujourd'hui ministre d'Etat, ministre de la justice. Il reste un candidat potentiel des décideurs pour les prochaines présidentielles.

 

Après avoir occupé diverses fonctions au ministère des Affaires étrangères et occupé le poste d’ambassadeur au Niger, il se rapproche des cercles de décision et fait une entrée timide au gouvernement de Ghozali en 1991comme ministre délégué aux affaires maghrébines. Quelques années plus tard, il sera, à quarante-deux ans, le plus jeune chef de gouvernement depuis l'indépendance de l'Algérie. Il marquera son passage à la tête de l'exécutif en excellant dans le mensonge, c'est son fort, et par la fameuse ponction des salaires des fonctionnaires et des travailleurs du secteur public, ainsi que par l'arrestation de nombreux cadres et dirigeants d'entreprises publiques sous le fallacieux prétexte de « la lutte contre la corruption ». Comme si les corrompus et les corrupteurs étaient ailleurs que dans les cercles mafieux qui l’ont instrumentalisé.

 

C'est le chef de gouvernement le plus impopulaire que l'Algérie ait jamais connu. Au hit-parade des hommes haïs, il se place incontestablement juste derrière Messadia, l'ancien boss du FLN des années Chadli. Lui aussi est chef de l'actuel parti au pouvoir, le Rassemblement National Démocratique (RND), ce parti fantoche qui rafle la majorité des sièges à l'Assemblée nationale cinq mois après sa création. Un parti mis au monde par le général Mohammed Betchine pour se constituer une force politique et que viennent lui confisquer les décideurs pour le confier à leur poulain, Ahmed Ouyahia.

Cependant, on ne lui connaît pas de relations dans le monde des affaires, ni d'enrichissement illicite. Il se contente de servir la mafia sans se servir. Voilà quelqu'un qui sait respecter les règles du jeu. Il ne piétine pas les plates-bandes des chefs.

 

Pages 90 à 92

Chapitre IV

La Mafia des Généraux

(Editions JC Lattès février 2002)

 

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