Le cri de coeur de Lyès LARIBI

HALTE A L’EFFUSION DU SANG ALGERIEN

 

Auteur "Dans les geôles de Nezzar" (ed Paris méditerranée juillet 2002) * et d'un prochain ouvrage qui paraîtra au mois de mai sous le titre "L'Algérie des généraux", Lyès Laribi lance un cri de coeur que nous devons entendre pour que règne la apix et la sécurité dans notre pays meurtri. Il en profite pour nous livrer son analyse des évènements sanglants qui ont endeuillé l'Algérie le 11 avril.

33morts et 211 blessés, tel est le bilan provisoire des deux attentats quasi simultanés commis mercredi le 11 avril 2007 à la voiture piégée à ALGER. Les cibles étaient le du palais de gouvernement et le siège de la police judiciaire de la DGSN à Bab-Ezouar.

Dans l'après-midi, un communiqué publié sur un site internet islamiste, AL- Qaïda au Maghreb Islamique revendique un triple attentat à Alger, un au palais du gouvernement et deux autres au niveau du commissariat de Bab Ezzouar. Le communiqué était accompagné des photos des trois supposés kamikazes. Toujours dans le même après-midi la chaîne de télévision qatarie Al-Djazeera affirme avoir reçu un appel téléphonique revendiquant les attentats au nom d'Al-Qaïda au Maghreb. Une première.

Pour mieux comprendre et cerner réellement ce qui s'est passé ce jour là, revenons sur une semaine de turbulence politique. Belkhadem, le chef du gouvernement et SG du FLN, et le premier visé par ces attentats, était très contesté au sein de son parti. Certains de ses adversaires l'accusent de vouloir faire une purge dans les listes électorales des proches de Benflis, le candidat malheureux du cabinet noir au élection présidentielle de 2004.

D'après les journaux algériens seulement 12 des 199 députés ont été reconduit sur la tête des listes électorales du FLN. Et que certains ministres ont été récompensés pour leur dévouement à Bouteflika alors qu'ils n'ont jamais milités au sein du FLN. Une action de redressement conduite par Abass Mekhalif, député et ancien président du groupe parlementaire à l'epoque de Karim Younes, était entamée. Elle a pour objectif la destitution de Belkhadem de son poste de SG du FLN.

Autre fait marquant de la semaine : la contestation faite par certaines personnalitésdont des militaires hauts gradés sur le soutien qu'apporte Bouteflika à Nicolas Sarkozy, candidat De l'UMP à la présidentielle française. La rencontre entre les deux patrons de la SONATRCH et de GDF sur une perspective d’augmentation de la coopération gazière qui est actuellement à 15 % était mal perçue. Sachant qu'un très grand nombre d'officiers supérieur de l'armée sont pour un rapprochement entre SONATRCH et GAZPROM Russe.

Enfin dans les coulisses algéroise on parle d'un torchon qui brûle entre Bouteflika et le général Toufik sur les modalités des élections. Le premier veut des élections libre tandis que le second veut des élections de tiroir. Toutes ces turbulences peuvent nous donner une approche exacte sur le motif réel de ces attentats. Si non comment expliquer l'énigme de la voiture désamorcée à Hydra devant l'ambassade du Danemark et des domiciles du général Larbi Belkheir, un des parrains de la mafia des généraux et celui du colonel Ali Tounsi patron de la police algérienne. D'après le quotidien El-Khaber la Mercedes a été désamorcé suite à un coup téléphonique reçu par les services de sécurité. Toujours, d'après ce même journal la voiture contenait 500 kilos de TNT. Une quantité d'après les experts qui aurait fait des dégâts sur un rayon de 500 m. La question qui se pose est «  depuis quand Al -Qaida ne fait pas exploser ses voitures piégées devant des cibles aussi sensibles? Et depuis quand Al-Qaida communique sur ses attentats avant qu'ils aient lieu?

Pour rappel le Danemark est le pays des caricatures. Ce qui me permet de dire tout simplement au pays des généraux, les kamikazes ne s'attaquent qu'au peuple et non aux familles et aux intérêts de cette mafia.

Concernant la thèse des Kamikazes, Yves Bonnet, ancien patron de la DST dans les années 80 et ami du général Smaïn l’adjoint du général Toufik, a declaré le jour de l'attentat sur la 5 dans l'émission C dans l'air que d'après ses renseignements qu'il n y avait pas eu de kamikaze au palais de gouvernement, la personne qui avait déposé la voiture a été vu entrain de fuir.

Pour rectifier le tir, le quotidien el watan du 14 avril parle du kamikaze qui s'est fait exploser en sortant de sa voiture et il précise qu'il ne s'est pas enfui. Drôle de kamikaze. L'autre version qui confirme la non présence de kamikazes est le témoignage qu'on retrouve sur Al-Djazeera .net de l'étudiante Salima qui était dans le bus universitaire. Dans son témoignage elle rapporte qu'elle avait les yeux braqués sur l'entrée du palais avant et pendant et après l'attentat. Elle parle de deux femmes qui discutaient devant l'entrée puis de quelque chose qui explose puis de la disparition des deux femmes certainement déchiquetés par l'explosion. Mais à aucun moment elle ne parle d'une voiture qui fonce sur le portail et qui explose.

Concernant le nombre de voiture qui ont explosé ce jour là, il reste à déterminer. D'après le quotidien d'Oran du 14 avril un haut fonctionnaire qui se trouvait à l'intérieur du palais parle de deux détonations. D'après le quotidien Al-khaber un policier confirme la thèse des deux attentats contre le commissariat de Bab Ezzouar dont une voiture express qui a explosé derrière le commissariat. Et d'après les citoyens deus cratères étaient visibles sur le lieu des attentats qui ont été vite recouverts de goudron. Voilà de quoi confirmer la thèse des trois kamikazes. Mais si on se tient au communiqué officiel d'Alger et à celui d'AQMI, il manque l'explosion du troisième kamikaze. A moins que ça soit celui d'Hydra. Eh ! oui, c’est ce qu'on appelle la précipitation dans les communiqués et ses mauvaises surprises.

Enfin, pourquoi le Maroc a réagi à ses attentats pour dire qu'il y a une très grande probabilité pour qu'il n ‘y a pas de lien entre ceux d'Alger et ceux de Casablanca. Quant à l'appellation d'AQMI, je laisse le soin aux Algérois de répondre sur une telle appellation vulgaire. Pour ma part, je dis que c'est un gros mot. Pour conclure, depuis1988 et à chaque veille d'élection le peuple algérien paye de son sang la guerre des clans mafieux , HALTE A L’EFFUSION DU SANG ALGERIEN.

 

Dans les geôles de Nezzar est le témoignage d'un rescapé de l'Enfer. Pour avoir été à l'origine de la création du premier syndicat étudiant libre d'Algérie, Lyes Laribi fut arrêté par la police, accusé d'être un militant islamiste, torturé, déporté au camp d'In m'guel en plein Sahara, torturé de nouveau à la prison de Blida, avant d'être relâché après quarante-trois mois de "détention préventive", soit 1400 jours d'horreur.

A ce moment charnière de l'histoire de l'Algérie, entre 1984 et 1995, Lyes Laribi raconte le destin d'un homme, son destin, celui d'un citoyen algérien victime de la barbarie du gang des brigands au pouvoir. Il a connu les pires abominations uniquement parce qu'il avait osé s'élever contre un régime qui, pour se perpétuer, sacrifie son propre peuple. Le témoignage de Lyes Laribi est le cri d'un homme libre que la tyrannie n'a pas pu faire taire, malgré l'arsenal répressif mis en oeuvre par le pouvoir.

Aujourd'hui en France, Lyes Laribi a porté plainte, avec d'autres, contre le général Nezzar, ministre de la Défense à l'époque des faits et principal responsable de la répression et des actes de barbarie.


 

 

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