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Un ancien fonctionnaire de la présidence de la république témoigne
Le général Benabbès Gheziel s’agenouille devant Bouteflika.

« La scène semble se passer dans un monde irréel tellement elle était invraisemblable. J'avais du mal à croire mes yeux », témoigne un ancien fonctionnaire de la présidence de la république. « Après avoir fait le pied de grue dans les couloirs, à bout de patience, le général Benabbes Gheziel a fait irruption dans le bureau de Bouteflika pour s’agenouiller devant lui et implorer le pardon » ajoute notre témoin. Cela se passait au lendemain du limogeage du général Mohamed Lamari qui avait joué et perdu sa dernière carte en soutenant la candidature de Ali Benflis aux présidentielles de 2006.
Benabbès, qui a marché avec prudence dans la combine des anciens sou-officiers de l’armée française, ne voulait pas connaître le même sort que celui réservé à Fodil Cherif, Lamari et tous ceux qui ont misé sur la victoire du candidat du cabinet noir.
Malade depuis plusieurs années, incapable de se déplacer pour excès de poids (plus de 180 kg), le général Benabbès Gheziel ancien sous-officier de l’armée coloniale et membre du cabinet noir n’est pas prêt de lâcher prise. Il tient à son strapontin coûte que coûte. Il avait supplié Bouteflika d’avoir pitié de lui. « Il lui disait, à genoux, « Sidi erraïss, je suis ton serviteur. Laisse-moi seulement porter cet uniforme. Je ne peux rien mettre d’autre que cet uniforme. Ayez pitié de mon âge et de mon état de santé » rapporte cet ancien fonctionnaire de la présidence qui a, pour des raisons évidentes, requis l’anonymat.
Ce témoignage ne nous étonne guère dans la mesure où le général Benabbès Gheziel est habitué aux humiliations en public. Il se faisait même humilier par un rabatteur de filles de joie qui n’hésitait pas au temps de Chadli Bendjedi de lui faire remarquer devant des journalistes en ces termes « alors, général, tes fesses ont pris du poids ! ». Oui, pas moins que ça. Ces paroles avaient choqué l’envoyé spécial du quotidien londonien Echar-Al-awsat qui couvrait à l’époque les assises du Conseil National Palestinien au club des Pins en 1989.
Et comme pour marquer sa présence dans les rangs de l’ANP, l’hippopotame (le surnom du général) s’est fait écrire un article qu’il a publié dans la revue El-Djeïch à distribution restreinte mais que certains journalistes lécheurs de bottes n’ont pas manqué de reprendre dans des quotidiens nationaux. Dans cet article Gheziel n’avait rien d’autre à dire que d’essayer d’effacer son sinistre passé d’ancien sous-officier de l’armée française pour rappeler qu’il était formateur des djounouds de l’ALN. Ce qui est vrai puisque aucun des officiers de la promotion Lacoste ne pouvaient bénéficier de la confiance des moudjahidine pour leur permettre de participer aux combats contre l’armée coloniale. Gheziel, Nezzar, Lamari et leurs complices qui ont suivi une formation militaire classique dans les rangs de l’armée française ont été exploités dans les centre de formations de l’ALN. Alors, de quel passé parle l’hippopotame qui ne connaît même pas le sens du mot dignité. Qu’il s’agenouille devant Bouteflika pour qu’il soit maintenu dans les effectifs de l’armée sans fonction précise n’a rien de surprenant.
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