Au pays de la crise de logement

le général Tewfik s'approprie un terrain à bâtir
d'une superficie de 1000 m2

à Saïd hamdine (Hydra)
pour le modeste prix de 15 millions de centimes


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En 1981, l’actuel tout puissant patron du DRS n’était que capitaine et n’avait pas d’importantes fonctions dans la défunte Direction Centrale de la Sécurité Militaire. Il était plutôt en mauvaise posture puisqu’il a été éloigné des structures internes pour aller occuper le poste de chef de bureau de la sécurité à l’ambassade d’Algérie en Libye. En somme, le capitaine Mediene Mohamed alias Tewfik n’avait aucun pouvoir politique ni militaire.

A défaut de pouvoir politique, le capitaine Tewfik était ce qu’on appelle dans le jargon algérien un « haggar ». Il était de ceux qui abusaient de leur appartenance à l’institution militaire et plus particulièrement la Sécurité Militaire. Il étaient de ceux qui exhibaient à chaque tournant sa carte de service et son colt dissimulé sous la veste. Il était ce qu’on appelle toujours dans le jargon algérien « carta oukabouss » (une carte et un colt). Ainsi, il faisait régner la terreur là où il passait. Policiers, maires, préfets et fonctionnaires de l’Etat ne comptaient pas pour lui. (…)

Pour acheter un terrain à bâtir dans le quartier résidentiel de Saïd Hamdine (Hydra) le capitaine Tewfik ne s’adressera jamais au maire de Hydra. Dans son esprit, s’adresser à un maire c’est se rabaisser et courir le risque d’essuyer un refus qui ne fera que diluer son autorité. Le maire de Hydra se contentera de régulariser la situation sept ans plus tard (oui sept ans) sur instruction du wali d’Alger. Sept ans plus tard, le capitaine Tewfik est monté et dans le grade et dans la fonction. Il n’est plus le petit capitaine qui se contentait de terroriser ses voisins par sa carte et son colt. Il est Lieutenant colonel et dans quelques semaines, il sera colonel. Et comme fonction occupée, il est le patron de tous les services de sécurité réunis en sa qualité de Directeur des Affaires de Défense et de Sécurité à la présidence de la république. Un poste obtenu à la faveur des luttes de clans qui caractérisaient l’entourage de Chadli Bendjedid.

Comme on le constate sur la liste des acquéreurs établie par la commune de Hydra en date du 4 septembre 1988 , le général Tewfik  s’est approprié 980 m2 en 1981 par arrêté signé par le DRAL de la wilaya d’Alger en date du 11/02/1981 alors que toute attribution de terrain à bâtir relève de la commune. Le DRAL n’a aucune prérogative dans les attributions du foncier. D’ailleurs, le document délivré par le DRAL est destiné tout simplement à justifier un fait accompli commis par le capitaine Tewfik qui s’était comporté en véritable cow-boy rebelle faisant fi des lois de la république. En réalité, le capitaine Tewfik, s’est approprié le terrain sans passer ni par la mairie ni par la préfecture.

C’est à l’approche des évènements d’octobre 1988 et alors que dans les arcanes du pouvoir les luttes de clans gagnaient en acharnement que le Lieutenant-colonel Tewfik songea à régulariser sa situation.  D’ailleurs cette régularisation engloba un grand nombre d’apparatchiks du système et certains de leurs sbires. Il s’accaparèrent des meilleurs assiettes de constructions pour un prix dérisoire. La somme de 153.69,20 Dinars déboursée en 1988 (eh oui, il ne paya le terrain que huit années plus tard) n’avait pas grande valeur. Le coût de ce  terrain dépasse de loin les 50.000.000 de Dinars soi cinq milliards de centimes.

Parmi les acquéreurs figurant sur la liste, seuls Sid Ahmed Ghozali ancien premier ministre et l’homme à tout faire de la mafia du pouvoir et Belaïd Abdessalem s’étaient octroyés une superficie légèrement plus Grande Que celle acquise par le général Tewfik. Il est à noter qu’à l’époque où Belaïd Abdessalem et Sid Ahmed Ghozali occupait de hautes fonction dans le gouvernement, le général Tewfik était un obscur sous-lieutenant. Une vingtaine d’années plus tard, c’est lui qui fait appel à ces deux hommes pour les introniser à la tête du gouvernement algérien. (voir chapitre le faiseur de rois).

 

Tiré du livre « Attentats ; de Paris à Alger, la main du général Tewfik »
A paraître prochainement

 

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