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Destruction
 

 

Affaire El-Bordji devant le tribunal le 24 mai

 

Les 464 victimes de la destruction de leurs logements par Abdelaziz Belkhadem pour avoir osé construire dans une zone réservée aux généraux, sont toujours en attente de la tenue du procès qui les oppose au promoteur immobilier M. Belkadi.

L’affaire ne cesse d’être reportée d’une audience à une autre. Après trois reports pour des motifs aussi farfelus les uns que les autres (absence de l’accusée, absence des avocats de l’accusé et la troisième fois le juge demande la liste des acquéreurs alors qu’elle est disponible chez tout le monde), la date du 24 mai a été fixée pour que la lumière doit faite sur cette sombre affaire où le chef du gouvernement ordonnateur de l’acte de destruction semble échapper jusqu’ici. (lire article ci-dessous)

 

 

43ème anniversaire de l'indépendance

Le cadeau de Belkhadem pour 464 familles

 

 

 

A la veille de la célébration du 43ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, Abdelaziz Belkhadem, chef du gouvernement algérien, ne trouve pas meilleur cadeau à offrir à 464 familles algérienne que de signer un décret de démolition de leurs logements qui étaient en construction dans la commune de Ouled Fayet sur les hauteurs d’Alger.

Une fois le forfait accompli, les pouvoirs publics s’en lavent les mains et laissent les 464 familles en procès avec le promoteur immobilier Mohamed Belkadi.  Du coup, l’auteur de cette destruction sauvage et inhumaine se trouve en position de spectateur.

On pourrait bien reprocher au promoteur immobilier sa précipitation à engager les travaux de construction avant que ne soit délivré le permis de construire. Bien que la loi est claire à ce sujet : «au bout de soixante jours après le dépôt, si aucune réponse n’est parvenue, le demandeur de permis peut démarrer les travaux. » Mohamed Belkadi a déposé un dossier de permis de construire au niveau de l’APC de Ouled Fayet en 2003. Il a un récépissé mentionnant que le dossier était complet. Il a attendu un an et le dossier n’avait toujours pas été examiné. Il a, donc, entamé les travaux.

Alors que les travaux avançaient sous le contrôle du CTC, un organisme  public reconnu, l’APC de Ouled Fayet  ordonne en 2005 l’arrêt des travaux au motif que le promotteur ne possédait pas de permis de construire. L’APC va jusqu’à nier l’existence de demande de permis déposée en 2003. Le promoteur propose de faire une deuxième demande.

 

Une zone réservée aux généraux

 

 

Mais comme il ne s’agissait pas de faire appliquer la loi dans un pays où la loi est ignoré par les barons du régime et leurs sous-fifres, l’APC de Ouled Fayet dépose plainte auprès de la  chambre administrative de la Cour de Blida qui a ordonné l’arrêt des travaux et non la démolition. C’était suffisant pour que des forces occultes entrent en action. Ces forces occultes voient d’un mauvais œil de simples citoyens venir s’installer  dans les environs d’une zone réservée aux nous riches et où Amel Hallab, la fille du général Smaïn Lamari a construit son usine de produits pharmaceutiques. Elle est associée à Amina, la fille du général Tewfik, l'inmovible patron du DRS et véritable patron de l'Algérie.

 

Les 464 familles qui ont mis toutes leurs économies dans la construction de ces logements ignorent tout de ce qui se trame dans les hautes sphères. Pour détourner leur attention on les incite à poursuivre en justice le promoteur immobilier pour escroquerie et abus de confiance.

A supposer que cela soit vrai. Que ces familles modestes, qui ont mis les économies de plus de 25 ans de labeur dans la réalisation du rêve de leur vie, soient réellement victimes d’un escroc, l’état n’a-t-il pas pour devoir de leur porter secours et de les aider ? L’état qui se dit de droit doit-il sanctionner un escroc (si c’est le cas de Mohamed Belkadi) en ensevelissant sous les décombres de la destruction des milliards de centimes épargnés par de modestes familles ?  

Pourtant la destruction des 464 logements pouvait être évitée.
Une loi de 2004 stipule que toutes les constructions réalisées avant l’année 2004 sont régularisables. Pourquoi n’a-t-on pas appliqué cette loi ? L’application de cette loi n’arrange pas ceux qui convoitent l’acquisition du terrain pour que les « gueux » ne chercheront plus à s’approcher d’eux. Ouled fayet est devenu un quartier huppé pour arrivistes. C’est le second Hydra. Donc, pas de place aux modestes citoyens qu’on doit parquer dans les environs de Dergana, Rouiba, Reghaïa.

Aujourd’hui, de nombreuses victimes du cadeau de Belkhadem pointent un doigt accusateur contre Mohamed Belkadi, le promoteur immobilier. Ils lui reprochent d’avoir entamé la construction sans avoir attendu d’obtenir le permis de construire. Même s’ils gagnent leur procès contre le promoteur immobilier et combien même leur argent leur sera remboursé avec l’inflation galopante que connaît l’Algérie ils n’auront pas de quoi se payer le pas de porte d’un studio.

Ceux qui les ont détourné de la piste de leurs véritables bourreaux ne leur parleront jamais de la défaillance de l’état qui n’a pas hésité à briser le rêve de 464 familles d’accéder à la propriété après 43 année d’indépendance.

 

Hichem ABOUD

 

14/05/05

 
 


 

 

 

 

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