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La mère de Lyès Laribi est victime d’une expropriation
et de violation de domicile

représailles ou simple « hogra »?

 

L’un des plaignants qui ont fait fuir de nuit le général Khaled Nezzar de Paris en 2001 et auteur de « L’Algérie des Généraux » (éditions Max Millo  mai 2007) et « Dans les geôles de Nezzar » (éditions Paris Méditerranée juillet 2002) est aujourd’hui au centre d’une scandaleuse affaire de représailles entreprise à l’encontre de sa mère âgée de 74 ans et vivant seule en Algérie.

 

Se gardant de réagir à chaud à la sortie de « L’Algérie des Généraux », le régime d’Alger qui multiplie les bourdes pour contrer les voix contestataires vient de s’illustrer en expropriant sa mère d’un terrain qui lui appartient depuis plusieurs années et que même les forces coloniales n’ont pu lui retirer. Non seulement on veut l’exproprier mais elle a été aussi victime d’une violation de domicile de la part des services de la mairie. La gendarmerie a refusé de recevoir sa plainte et le maire de son côté n’a pas voulu entendre raison.

Exilé en France et ne pouvant guère réagir contre cette  « hogra » qu’il assimile à une forme de représailles Lyès Laribi tient à témoin l’opinion publique en écrivant au président de la république pour attirer son attention sur ce scandale.

 

Ci-dessous la lettre adressée par Lyès Laribi au président Bouteflika.

 

                                A

Son Excellence Monsieur le Président de la République
                                Algérienne Démocratique et Populaire

 

                                                                          Paris, le 24 juillet 2008

 

Monsieur le président de la République,

Je tiens à vous informer d'un fait assez grave commis contre une vieille dame seule
et vous prie de bien vouloir intervenir pour la rétablir dans son droit.

 

Voici, Monsieur le Président, les faits:

Le maire de la commune de Boudjellil ( Daira d'Akbou dont votre chargé de sécurité, monsieur Rachid Aissat, enfant du village, est originaire, son influence auprès des autorités locales est unanimement reconnue) a fait savoir à ma mère, il y a trois mois, que la Mairie envisageait de détruire l'ancienne école coranique construite par des militants nationalistes en 1952, dont mon père, afin de construire une crèche, et ce en pleine campagne d'évangélisation en Kabylie ( cette école a enseigné le coran et la langue Arabe entre 1952/1956, avant qu'elle ne soit
transformé en un lieu administratif par l'armée Française, à l'indépendance elle est
resté un lieu administratif, après la construction de la mairie, mon père a toujours
réclamé sa restauration et son retour à l'enseignement religieux, mais les
différents maires ont toujours refusés et ils l'ont laissés à l'abandon).


Propriétaire du terrain sur lequel cette école coranique a été édifiée, ma mère lui
a signifié son opposition à ce projet et demandé à récupérer son terrain au cas où,
malgré son opposition, la décision de détruire l'école est exécutée.


Pour la punir et l'intimider, le Maire a, malgré tout, donné l'autorisation à une
personne proche de la Mairie à détruire le mur d'enceinte de la propriété familiale
et de prendre possession d'une des demeures de la famille.


Le lendemain, ma mère qui n'a pas abdiqué face au colonialisme (au moment ou
d'autres algériens ont vendus leurs terres à l'armée Française puis ils les ont
récupérés à l'indépendance) s'est rendue à la mairie en vue d'avoir un entretien
avec le Maire. Celui-ci a refusé de la recevoir et de lui donner des explications.

Âgée de 74 ans, ma mère se rend alors à la gendarmerie de Béni Mansour pour porter plainte pour violation de domicile, comme la mairie, la gendarmerie refuse de recevoir sa plainte.


Pour les Algériens qui cherchent à se réconcilier avec eux-mêmes cet arbitraire qui
frappe ma vieille mère caractérise la "Hogra" qu'ils dénoncent et veulent combattre
par des moyens légaux.


En vous remerciant de rendre justice à une vieille dame qui aspire à terminer sa vie dans la paix, la sérénité et la sécurité.

 

Lyes Laribi

 

 

 

Dans les geôles de Nezzar est le témoignage d'un rescapé de l'Enfer. Pour avoir été à l'origine de la création du premier syndicat étudiant libre d'Algérie, Lyes Laribi fut arrêté par la police, accusé d'être un militant islamiste, torturé, déporté au camp d'In m'guel en plein Sahara, torturé de nouveau à la prison de Blida, avant d'être relâché après quarante-trois mois de "détention préventive", soit 1400 jours d'horreur. A ce moment charnière de l'histoire de l'Algérie, entre 1984 et 1995, Lyes Laribi raconte le destin d'un homme, son destin, celui d'un citoyen algérien victime de la barbarie du gang des brigands au pouvoir. Il a connu les pires abominations uniquement parce qu'il avait osé s'élever contre un régime qui, pour se perpétuer, sacrifie son propre peuple. Le témoignage de Lyes Laribi est le cri d'un homme libre que la tyrannie n'a pas pu faire taire, malgré l'arsenal répressif mis en oeuvre par le pouvoir. Aujourd'hui en France, Lyes Laribi a porté plainte, avec d'autres, contre le général Nezzar, ministre de la Défense à l'époque des faits et principal responsable de la répression et des actes de barbarie.

                                                              

 

 

 

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