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Editorial
 


L'Editorial de
Hichem Aboud

 

46 ans d’indépendance, de répression et de misère.
Ah ! si les martyrs savaient

 

Cela fait 46 ans que l’Algérie a reconquis sa souveraineté au terme d’une des guerres de décolonisation les plus sanglantes de l’histoire contemporaine. Sept années et demie d’une lutte armée durant lesquelles le peuple algérien a connu toutes sortes de répression, de tortures et d’humiliation.

 

Le 5 juillet, le peuple algérien pensait en avoir fini avec ces atrocités. C’était, pour lui, le prix à payer pour accéder à la liberté et à l’indépendance. Malheureusement, aussitôt l’indépendance acquise, il replonge dans la tourmente des arrestations, enlèvements, tortures et exil. Ahmed Ben Bella, fraîchement élu président de la république, sera le premier policier à procéder aux arrestations de ses anciens compagnons d’armes. Brahim Mezhoudi, député d’Oran est arrêté au palais du peuple en 1964, lors d’une réception organisée pour la célébration du 1er novembre 1954, date du déclenchement de la guerre de libération. C’est Ahmed Ben Bella en personne qui le livre à la police politique après l’avoir attiré dans un endroit isolé du palais. C’était l’inauguration de l’ère du despotisme qui se poursuit à nos jours.

 

Aït-Ahmed et Boudiaf, deux grandes figures parmi les 22 qui ont déclenché la lutte armée, sont arrêtés et emprisonnés. Ils auront une chance que ne connaîtront pas Khider et Krim Belkacem deux autres figures de proue de la guerre de libération. Si les deux premiers à leur libération de prison s’expatrient pour vivre en exil, loin du pays qu’ils ont contribué à libérer, Khider et Belkacem seront tout simplement assassinés dans leur exil. L’un en Allemagne et l’autre en Espagne.

 

Le tourbillon des assassinats, de la répression et des enlèvements connaîtra son paroxysme sous le règne du cabinet noir constitué d’anciens sous-officiers de l’armée coloniale. Jamais le peuple algérien n’a connu autant de répression comme en cette fin du vingtième siècle. Plus de 250.000 morts, 10.000 disparus, des milliers de déportés dans les camps du sud, des milliers d’exilés politiques et près de la moitié du peuple qui vit au-dessous du seuil toléré de la pauvreté dans un pays exportateur de pétrole et classé troisième producteur mondial du gaz après la Russie et Qatar.

 

Si les recettes du pétrole sont déclarés approximativement et de temps à autre, par contre les gouvernants ne communiquent jamais les recettes du gaz. Comme si cette matière n’existait pas. Et comme il n’y a aucun contre-pouvoir et aucun parti d’opposition au sens propre du terme, personne n’osera demander aux décideurs ce que deviennent les recettes gazières.

 

En lieu et place de l’opposition et du contre-pouvoir, il y a la corruption, qui est érigée en système, le népotisme et le larbinisme qui servent de tremplin pour les médiocres. Car dans un pays gouverné par des médiocres il n’y a de place que pour plus médiocres qu’eux. Et ce ne sont pas les pleutres qui se cachent dans l’anonymat des espaces virtuels où l’on débat de l’Algérie qui changeront quelque chose dans ce pays.

 

5 juillet 2008

 

Faut-il censurer Ali Ben Hadj ?

 

Certains lecteurs, et ils ne sont pas nombreux, nous reprochent de reprendre les déclarations du cheikh Ali Ben Hadj sous prétexte que notre magazine est l’expression des forces démocratiques.

 

A croire ces lecteurs, un démocrate doit censurer et doit faire de la rétention de l’information dès qu’il s’agit qu’une opinion contraire à ses convictions s’exprime. Cette façon de faire n’a rien de différend de celle exercée par les régimes despotiques dont celui d’Alger qui ont perverti la démocratie.

 

Est-il raisonnable qu’un magazine en ligne qui se dit indépendant de tout pouvoir politique et financier et qui est de surcroît le doyen de la presse citoyenne au Maghreb puisse se permettre de pratiquer la censure. Victime de cette honteuse pratique qui l’a poussé à l’exil après l’avoir fait de lui un collectionneur des condamnations à la prison, le fondateur de ce site ne saura jamais utiliser contre les autres ce qu’il a de tous temps dénoncé haut et fort.

 

Ali Ben Hadj, qu’on le veuille ou non, est un homme politique. Il est toujours intéressant de connaître ses positions sur l’actualité algérienne. C’est un homme qui n’a jamais renié ses convictions pour lesquels il a payé près de 18 années de prison en additionnant les peines purgées dans les années 80 sous le régime de Chadli et les 12 années passées à la prison militaire de Blida.

 

Ceux qui nous invitent à censurer Ali Ben Hadj n’ont jamais eu le courage d’exprimer publiquement leurs positions. Bien au contraire, certains émargent dans les institutions de l’état et les organismes publics tout en se disant opposants au régime. Ce qui n’a jamais été le cas de Ali Ben Hadj.

 

D’autres prétextent que le Front Islamique du Salut étant dissous par les autorités algériennes, il n’y a plus lieu d’en parler. A ces donneurs de leçons nous disons que l’existence d’un parti politique n’est pas tributaire d’une décision administrative. Le FFS, le PAGS, le MDA ou le PST, pour ne citer que ceux là n’ont jamais eu besoin d’une bénédiction d’un pouvoir qui refuse tout partage ou toute participation de ceux qui n’adhèrent pas à ses thèses. Ce n’est pas non plus une décision arbitraire décidée par un fonctionnaire aux ordres qui fera disparaître un parti qui constituait la première force politique du pays.


Quant à accuser Ali Ben Hadj d’avoir poussé au crime, sans vouloir entrer dans le débat, nous dirons, tout simplement, cet homme a payé sa part pourquoi ne fait-on rien pour que les autres (les généraux) payent, eux aussi leur part ne serait-ce que le demi-tarif ?

 

Alors faut-il censurer censurer Ali Ben Hadj? Le faire c'est tout simplement de la "hogra". Et les Algériens n'aiment pas la "hogra". A un moment où la presse stipendiée, soucieuse des bénéfices à réaliser, verse dans la désinformation, la censure et l'auto-censure,nous devons profiter de cette providentielle invention qu'est l'internet pour donner librement la parole à toute personne souhaitant s'exprimer. Et c'est au lecteur de se faire sa propre opinion loin de tout tutorat.

 

 

29 juin 2008

 

Citoyens à vos plumes

 

Prisonnière de ses bailleurs de fonds, la presse traditionnelle a montré ses limites en matière d’information objective. La liberté de la presse n’est plus qu’une vue de l’esprit et le journaliste dans les médias à caractère commercial n’est plus qu’un simple employé soucieux d’assurer ses fins de mois loin des engueulades du chef.

 

L’avènement de l’internet est une voie salutaire pour la liberté d’expression et pour les citoyens avides d’une information crédible et au-dessus des intérêts des détenteurs du pouvoir de la finance et de la politique, se rabattent sur la presse citoyenne. Une presse faite par eux et pour eux.

A Racines d’Outre-Med’, on éprouve une légitime fierté d’être parmi les pionniers de cette forme de journalisme.

 

Bien avant qu’il ne soit un magazine en ligne, ROM était à moitié réalisé par ses propres lecteurs qui animaient des sites internet. Au bout de sept numéros, en édition papier, en refusant toute tutelle financière ou politique, le magazine a continué à servir ses lecteurs exclusivement en ligne. Cela ne coûte que le temps de rédiger et de mettre en ligne.

 

Au fil des ans, ROM s’est constitué un réseau de correspondants qui n’ont rien à envier aux professionnels de la presse traditionnelle.

 

Avec la tenue de l’atelier du journalisme citoyen qui s’est tenu à Casablanca du 23 au 26 mai dernier, ROM s’est ouvert davantage au lectorat maghrébin tout en faisant connaître les journalistes citoyens du Maroc et de la Tunisie aux lecteurs algériens et français. Cet échange entre blogueurs maghrébins donnera, sans nul doute, ses résultats dans peu de temps en accordant une place prépondérante à la presse citoyenne dans le monde de la communication.

 

Nos lecteurs, qui sont de plus en plus nombreux, sont invités à s’exprimer en toute liberté quelle que soit leur opinion ou leur tendance politique.

A vos claviers et Racines d’Outre-Med’ vous appartient.

 

 

14 juin 2008

 

Une vocation maghrébine

 

 

 

A sa naissance, Racines d’Outre-med’ avait pour but de créer un espace d’échange et de partage entre les populations des deux rives de la méditerranée. Ces populations sont essentiellement celle du Maghreb et de France.

Marocains, Tunisiens et Algériens qui constituent le plus gros du contingent de l’immigration maghrébine en France ont, au-delà des préjugés subjectifs et parfois mesquins, que des ressemblances. Il est impossible à un européen de faire la distinction entre un marocain et un tunisien ou un algérien et un marocain. Ils se ressemblent tellement qu’on n’entend plus parler d’Algérien ou de Tunisien, mais on dit tout simplement « maghrébin ».

En prolongeant la vie de ce magazine qui, faute de moyens financiers, n’a pas réussi à tenir la route dans un paysage médiatique français monopolisé par deux grands groupes de presse réduisant la liberté de la presse à sa plus simple expression, j’ai dans un premier temps axé tous mes efforts sur l’actualité algérienne.

Ma participation au workshop de Casablanca m’a vite rappelé la vocation première de ce magazine. Ma rencontre avec des journalistes citoyens, venus de Tunisie et du Maroc, n’a fait que me confirmer que les maghrébins nous continuons à avoir les mêmes préoccupations et les mêmes objectifs.

Pour que Racines d’Outre-med’ soit réellement un espace d’échange et de partage entre maghrébins, il lui suffit de s’ouvrir aux blogueurs et internautes maghrébins. Et ce n’est pas la matière qui manque.

 

1er juin 2008

 

Ces citoyens qui nous font confiance

 

Parce que nous sommes crédibles et nos informations sont objectives, de plus en plus de citoyens nous écrivent pour dénoncer la "hogra", la corruption et la dilapidation de l'économie algérienne.

 

Après ces citoyens victimes de la hogra dont le chef du gouvernement à détruit leurs logements, à Ouled fayet, fruits de dizaines d'années d'économie réalisées au prix d'énormes sacrifices et après les professeurs et travailleurs de l'Ecole Nationale des Vétérinaires (ENV) qui se plaignent du copinage et des détournements des biens et des deniers publics, des étudiants dénoncent les frasques des enfants de la nomenklatura, de simples citoyens dénoncent le racket officiel de l'état algérien auquel sont soumis les ressortissants établis à l'étranger en payant le timbre fiscal du passeport dont le montant réel est de 2000 Dinars (20 Euros) est vendu à 60 Euros. Aussi, des fonctionnaires des Affaires étrangères ne manquent pas de dénoncer ces consuls et ambassadeurs d'un genre un peu spécial. Ils nous écruvent pour les dénoncer à l'opinion publique.

 

Les salariés de l'ENAPAT n'ont pas manqué de nous saisir pour alerter l'opinion publique sur ce qui se passe dans leur entreprise. Une situation que M. Bouriche Mahfoud, commissaire aux comptes, a été le premier à nous alerter. Avec beaucoup de courage et contrairement à ces poltrons anonymes qui sont les premiers complices d'un régime corrupteur, ce même Mahfoud Bouriche revient sur le sujet de la dépravation de l'économie algérienne en portant à notre connaissance un cas grave. Celui de l'ENAEB. A ces courageux et braves citoyens, nous apportons tout notre soutien et nous les assurons que notre magazine leur est ouvert et demeure à leur service. Tout comme nous ne ménagerons pas nos efforts pour aider dans la mesure de nos possibilités ceux qui se voient refuser même les soins les plus urgents, comme Mounib, cet enfant de deux ans ou Anouar Malek, ce journaliste qui a fui l'arbitraire après avoir été torturé par le minsitre Abou Djerra Soltani en personne..

 

En publiant les doléances des citoyens et en nous consacrant à une information objective et réfractaire à toute autocensure, nous n'avons de compte à régler avec personne. Seulement, nous demandons des comptes à ceux qui croient disposer de l'Algérie comme ils l'entendent. Nous n'ignorons pas que nous déplaisons à ceux qui continuent d'espérer de ramasser des miettes ou de lécher une partie des bottes de ceux qui se sont érigés actionnaires principaux de l'Algérie. A ceux-là, nous leur disons: tant pis

pour vous.

 

avril 2008

 

 

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