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Un général trafiquant de drogue

 


Un colonel du DRS emprisonné et radié de l'armée pour avoir dévoilé l'implication du général Kamel Abderrahmane et d'autres officiers de l'armée dans un vaste trafic de drogue.

 

Ce qui se passe en Algérie relève tout simplement de la fiction. Le colonel Kada Hezil, officier du département de Renseignements et de Sécurité, est de ceux qui ont le courage d’accomplir la véritable mission pour laquelle il s’est engagée dans les rangs de ces services qui a pour vocation de dénoncer tout ce qui nuit à la sécurité du pays. A commencer par la dénonciations des activités illégales et déshonorantes  des généraux qui n’ont que trop souillé l’honneur de l’institution militaire.

 

En mars 2001, il envoie au président de la république un volumineux dossier accompagné d’une lettre dénonçant un grand trafic de drogue dans l’ouest du pays. Dans ce trafic dirigé par un célèbre baron de la drogue, Ahmed Zendjabil, est impliqué le chef de la 2ème région militaire qui n’était autre que le général major Kamel Abderrahmane.

 

Alors qu’il était attendu du magistrat suprême du pays que soit ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire, au nom du peuple algérien victime du fléau mortel de la drogue, en laisse en liberté le général trafiquant et on condamne l’officier qui l’a dénoncé à deux ans de prison ferme. Cette condamnation est, évidemment, accompagnée d’une radiation des effectifs de l’armée de l’officier d’honneur. Pourtant le dossier présenté par le colonel Kada Hezil est le fruit d’investigations sérieuses menées par un corps qui dispose de tous les moyens pour être pris au sérieux. Malheureusement, en Algérie on continue de couvrir les indélicats et punir les hommes honnêtes qui servent loyalement leur pays.

 

Kada Hezil, un officier
qui fait honneur
à l'armée algérienne

 

En 2006, Kada Hezil, toujours aussi courageux et nullement intimidé par cette condamnation, il alerte la presse nationale. Salima Tlemçani, la courageuse journaliste d’El Watan s’empare de l’affaire. Contrairement à beaucoup de ses confrères qui mettent sous le coude ce genre de dossiers jusqu’à l’oublier, elle met en avant à travers une enquête menée à Oran l’implication de hautes personnalités, notamment militaires, en poste à Oran dans le réseau de trafic de drogue. Le fruit de son enquête est publié le 18 octobre 2006 dans les colonnes du quotidien El Watan que dirige Omar Belhouchet, un habitué des tribunaux pour délits de presse.

 

Là encore, la justice algérienne au lieu d’enquêter sur cette grave affaire, elle inverse les rôles. Le délinquant  devient accusateur et poursuit ses dénonciateurs pour diffamation malgré la consistance du dossier. Et voici le général Kamel Abderrahmane au tribunal de Sidi M’hammed, le dimanche 13 avril 2008, pour une confrontation avec Kada Hezil.

 

Il s’est présenté devant le tribunal dans ses petits souliers. L’image du général arrogant et hautain a laissé place à celle d’un pauvre citoyen lambda venu se défendre contre ses accusateurs. Il ne réclame rien moins que le dinar symbolique parce qu’il « estime avoir été diffamé ». Il se montre gentil avec la presse, se dit navré de poursuivre un journal devant la justice. Le verdict, selon le quotidien El Watan est attendu pour le 27du mois en cours.

 

Salima Tlemçani, journaliste courage

 

En évoquant cette affaire, je saisi l’occasion pour rendre un vibrant hommage à la journaliste Salima Tlemçani, de son vrai nom, Zineb Oubouchou, pour son honnêteté intellectuelle et son courage d’aborder les sujets les plus brûlants. Un courage que refusent de reconnaître certains pseudo opposants, installés à l’étranger et évoluant sous l’aile protectrice de cercles qui se disent influents. Incapables de réaliser le dixième de ce qu’elle fait avec courage, ces poltrons usent de la lâcheté de l’anonymat pour l’accuser de rouler pour les services de sécurité. Si les écrits de Salima Tlemçani pouvaient être cautionnés par ces services de sécurité on pourrait dire sans hésitation que les services algériens sont les meilleurs au monde et sont plus honorables que ces pseudo opposants qui entretiennent le mythe de services secrets omniprésents pour faire avorter toute velléité d’organisation ou d’opposition réelle.

 

Evidemment, un journaliste qui se place au-dessus des clans et refuse le parrainage des cercles occultes est mal vu par ceux qui veulent imposer leur tutelle sur toute voix contestataire. Salima Tlemçani, hormis un prix décroché  en 2004, n’a jamais bénéficié des faveurs de ceux qui désignent les lauréats aux grands prix de la presse. Pour ces gens, ils ont leur lauréate qui  n’écrit jamais rien mais qui rafle tous les titres. Salima Tlemçani pour sa part, elle ne rafledes prix de pacotille, mais elle rafle mieux : les coeurs de ses lecteurs. Des lecteurs issus du petit peuple dont elle est issue et auquel demeure attachée cette fille du quartier populaire, Bab-El-Oued.

 

 

 

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