La lecture des divers courriers échangés entre septembre 2002 et septembre 2004 entre le lobbyiste Bob Jovanovik, de la société Genesis International, et ses partenaires du US Algeria Business Council présentent une palette des actions ainsi mis en œuvre pour remporter des contrats.
C’est ce dossier que nous vous proposons de télécharger ci-dessous, dans son intégralité.
De grands industriels tous soucieux du développement de l’Algérie s’y croisent ; tels les marchands de cannons Northrop Grumman et Raytheon, les argentiers de la Riggs Bank ou de l’Arab Banking, et bien sûr les pétroliers de Anadarko, BP America, Amerada Hess ou Burlington.
Leur efficacité ne fait pas de doute.
Tous ensemble, ils organisent des rencontres privées avec le président Abdelaziz Bouteflika, en octobre 2003, lors d’une de ses visites aux Etats-Unis, et ils tiennent les réunions du comité directeur de l’US Algeria Business Council dans les locaux de l’ambassade d’Algérie, au 1218 Kalorama road, à Washington, par exemple le 26 janvier 2004.
L’ambassadeur en personne, Ali Jazairi, s’intéresse de près à ces agapes commerciales. Et pour soutenir leurs projets, il prend même personnellement attache avec les financiers londoniens de S.G Warburg & Co, une banque d’affaires contrôlée par l’UBS.
Le groupe texan Anadarko, qui a pris en Algérie des positions dominantes au début des années 90, en pleine sale guerre, profite en premier lieu de ces croisements entre réseaux américano-algériens.
Son propre directeur, Richard Holmes, très proche des patrons du consortium pétrolier algérien Sonatrach, a été dès le début placé à la tête du US Algeria Business Council.
Une affaire de gros sous mal gérée a détérioré les relations entre Bob Jovanovik et ses camarades, au point de les obliger à déballer leurs affaires devant un juge du New Jersey. La procédure, ouverte le 14 septembre 2005, se poursuit à ce jour.
Le point focal de leur discorde porte sur les actions entreprises pour remporter le contrat de construction de l’autoroute Est-Ouest, qui traversera l’Algérie dans le sens de la longueur pour la relier aux axes autoroutiers du Maghreb.
Même un responsable du marché algérien chez le fabricant d’armes Northrop Grumman, John Foggan, s’est impliqué dans le dossier, au nom de ses retombées politiques.
Le projet, supporté à hauteur de 250 millions d’Euros par la Banque européenne d’investissement, a été finalement remporté par un groupe chinois. Seule ombre au tableau de chasse du US Algeria Business Council.