Hichem ABOUD condamné à 1 an de prison ferme
par le tribunal de Constantine
Hichem Aboud condamné à 1 an de prison ferme et 500.000 Dinars d’amende sans que la condamnation ne lui soit notifiée. Pourtant elle a été prononcée depuis une année. C’était en février 2007 que le tribunal de Constantine s’est saisi de l’affaire posant le général à la retraite Mohamed Betchine à quatre éditeurs de la presse algérienne (El-Watan, Liberté, Elkhabar et le Matin) qui ont publié la lettre ouverte de Hichem Aboud dans laquelle il dénonçait certains agissements de Betchine pendant les événements de 1988.
Rappelons les faits. A l’origine, une lettre ouverte de Abboud Hichem avait été, il y a quelques années, publiée dans El Watan, Liberté, Le Matin et El Khabar, dénonçant certains agissements de Betchine pendant les événements de 1988. Ce dernier a déposé plainte pour diffamation contre les éditeurs et Abboud Hichem. Comme, par la suite, il y a eu un jugement d’incompétence territoriale, confirmé par la cour de Constantine, après un pourvoi en cassation introduit par Betchine, la Cour suprême a renvoyé l’affaire en 2005 devant la cour de Constantine, qui, par un arrêt par défaut de février 2007, condamnera Abboud Hichem à 1 an de prison et à une amende de 500 000 DA, et les éditeurs à 50 000 DA chacun. Seul l’arrêt concernant Omar Belhouchet a été notifié. Pour ce dernier cas, la défense, représentée par maître Zoubeir Soudani, fera opposition. Hier, seul le directeur du journal El Watan, Omar Belhouchet, était présent à l’audience. Le procès ayant été reporté au 31 mars, cela va permettre aux autres éditeurs de faire opposition.
Rappelons que quatre jours après la publication de cette lettre, le 18 novembre 1998 Mohamed Betchine, alors conseiller omnipotent du président Liamine Zeroual déposa sa démission pour aller se cacher chez lui. Ce n’est que plusieurs mois plus tard qu’il déposa plainte pour diffamation. Le général Betchine qui était directeur de la sécurité de l’Armée sous Chadli avait sous ses ordres la caserne de Sidi Fredj qui avait servi de centre de tortures des jeunes manifestants d’octobre 1988. Il avait participé en personne à des séances de tortures selon des victimes.
Hichem Aboud qui a saisi son avocat à Constantine pour faire opposition à cette condamnation envisage de saisir les organisations internationales des Droits de l’Homme pour enquêter sur les crimes contre l’humanité commis lors des évènements d’octobre 1988 puisqu’il est impossible à des organisations algériennes de le faire.
Si la condamnation n’a pas été notifiée à l’intéressé cela laisse supposer que les clans maffieux dénoncés par Hichem Aboud dans son livre La mafia des Généraux, qui est toujours d’actualité, tendent un piège à celui qui les a démasqués à l’opinion publique internationale pour légaliser son éventuelle arrestation au cas où il serait tenté de rentrer en Algérie après onze années d’exil.
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