Pour une histoire de « tchippa » Abdelghani Djerrar est en prison depuis le jeudi 3 mai 2007.
De nombreux observateurs proches du dossier ne manquent pas de relever que cet entrepreneur est victime d’un règlement de compte venu des milieux maffieux qui détiennent le pouvoir occulte en Algérie.
Même la presse algérienne avec toutes les précautions de l’auto-censure qu’elle s’impose n’a pu s’empêcher de faire allusion au règlement de compte, comme le laisse entendre El-Kadi Ihsane dans le quotidien El-watan. « (…)L’autre explication est celle du règlement de compte.
Et là le lien avec l’affaire Khalifa devient pesant. L’entourage du président Bouteflika a été particulièrement évoqué. Avec l’affaire Tonic, on change de personnel politique. Et tant pis pour les milliards de dinars perdus »
En fait de quoi s’agit-il ? Ce n’est ni une question de remboursement de crédits ni une éventuelle banqueroute de la société TONIC.
Farid Lamari, le fils du général retraité Mohamed Lamari est activement impliqué dans l’affaire TONIC. Selon une source proche du ministère de la défense nationale, Farid Lamari qui travaillait comme Personnel Civil Assimilé à la pharmacie du
MDN était lié par une forte amitié au PDG de TONIC.
Une amitié que l’entrepreneur ne manqua pas de mettre à profit pour fructifier ses affaires en se servant des connaissances du papa du rejeton, lorsque ce dernier était à l’apogée de sa puissance et grand maître de l’institution des Tagarins et partant de là de toute l’Algérie. Le patron de Tonic profitera, donc, de l’aubaine pour rafler les marchés d’emballage.
Seulement Tonic, juste une petit SARL, s’est propulsée en peu de temps pour devenir un groupe industriel avec ses filiales grâce aux prêts hâtivement octroyés par des banquiers obéissant systématiquement aux ordres venus d’en haut.
Longtemps confinée dans les reports et arrangements d’honorer ses
créanciers grâce aux interventions d’en haut la dite SARL se trouve par l’effet de cavalerie commerciale en cessation de paiement. Cependant, le général Lamari, alias sergent Garcia n’étant plus l’homme fort d’antan le patron de TONIC se croyait libéré de la « tchippa » qu’il payait bon gré mal gré au général par le truchement de son fils Farid qui n’est plus, lui aussi, au ministère de la défense.
Abdelghani Djerrar n’a rien compris à la puissance du pouvoir occulte. C’est en se mettant à la retraite que les généraux véreux du cabinet noir deviennent plus nocifs. La conjoncture est à l’heure des règlement de compte entre clans, des manœuvres de neutralisation, de clarification des positions des protagonistes des différents camps, de manipulation des acteurs jadis influent, autant de messages destinés à recomposer l’échiquier des décideurs. Alors gare à celui qui cherche à s’échapper de l’emprise de son ancien parrain. Car c’est à la retraite que ces généraux veulent se sentir plus puissants que jamais et bénéficier de leur investissement dans les affaires.
En Algérie les victimes des tragédies judiciaires servent de message comme se sert le dernier des mortels d’un moyen communication, stylo, mail, téléphone, fax,…etc. brisant ainsi des vies entières.
Djaafer El-Djazaïri
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