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Pendant que Chlef brûle,

Bouteflika est porté disparu

 

 

Chlef brûle. Depuis deux jours, la ville est mise à sac par des émeutiers qui protestent contre les poursuites engagées par le wali contre le président de la coordination des sinistrés du séisme d’octobre 1980 pour avoir dénoncé la mauvaise prise en charge du dossier du préfabriqué.

 

Comme en Algérie toute voix qui s’élève contre la gabegie et les malversations sont considérées diffamatoires, le wali de Chlef a suivi cette logique. Etant déconnecté de la réalité des populations qu’il administre, il ne s’attendait pas à ce que son action provoque un véritable séisme dans la ville et ses environs.

 

A la colère  des sinistrés du séisme de 1980 qui se plaignent de leur sort, se sont joints les chômeurs et toutes les victimes de la  marginalisation, du mépris et de  l’exclusion. Comme partout en Algérie, à Chlef  les jeunes se plaignent de l’absence de toute perspective en matière d’emploi. La manne pétrolière ne leur profite guère tant qu’elle n’est pas investie dans la création des richesses.

 

Selon le quotidien El Watan, sur une population de plus d’un million d’habitants seuls 270.000 personnes occupent un emploi. Les 226 milliards de dinars alloués pour le développement de la wilaya n’ont eu aucun effet si l’on venait à voir l’état des routes, le délabrement des habitations et la déchéance morale et physique de la ville. C’est à se demander où sont partis ces 226 milliards.

 

Et voilà qu’à ce sombre tableau s’ajoute le saccage de la ville par des émeutiers qui prêtent une fois de plus le bon prétexte pour la répression et les arrestations. Il n’y a pas meilleur complices du pouvoir que ces émeutiers qui cassent et brûle tout. Comme si les infrastructures saccagées profitaient aux décideurs qui sont au sommet de l’état.

Alors qu’on a toujours espéré une protestation pacifique qui s’exprime à travers des sit-in ou des manifestations populaires calmes mais rassembleuses ça dégénère toujours sur la casse et ça finit par détourner les revendications de leur cours. Ainsi, rien ne changera en Algérie.

 

Où est le président?

 

Alors que Chlef brûle depuis le 27 avril, les autorités du pays ne réagissent toujours pas. Hormis l’envoi de brigades anti-émeutes, aucune initiative d’apaisement n’est entreprise. Et pour cause. Le président de la république est absent. On ne sait même pas où se trouve-t-il.

 

Sous d’autres cieux, cela aurait fait la une des journaux. Un chef d’état parti en visite officielle à l’étranger qui ne donne plus signe de vie au terme de cette visite, c’est inquiétant. La forte délégation qui l’accompagnait est rentrée depuis mercredi 23 avril et toujours aucune nouvelle du président Bouteflika.

 

Cette fugue, on ne peut l’appeler autrement, ne semble pas constituer un évènement ni pour la presse publique ni pour la presse privée. Seul le quotidien El Watan a osé évoquer le sujet dans un entrefilet d’une rubrique de brèves informations. Le quotidien algérois s’interroge si le président, qui a disparu au Emirats Arabes Unis, a prolongé son séjour dans un cadre privé ou il serait parti quelque part dans le monde se soigner dans une clinique privée.

 

Cette manière de faire est une forme de mépris à l’encontre d’un peuple qu’on ne juge pas endroit de savoir où se trouve le président qu’il a élu au suffrage universel. Incorrigible gouvernants algériens !

 

29 avril 2008

 

 

 

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