Ali Benflis ambassadeur à Lahore

Alger 6 juillet 2008
Le candidat du cabinet noir à la présidentielle de 2004 n’a plus donné signe de vie sur la scène politique depuis son échec électoral. Hormis quelques passages éclairs dans la capitale française où il venait se soigner (comme tous les nababs du pouvoir algérien), il ne sort pas beaucoup et se fait discret.
Ali Benflis a respecté scrupuleusement les consignes de ses parrains qui n’ont pas réussi à le propulser au sommet de l’état. Ne rien faire jusqu’à ce qu’on lui trouve un poste. Et quel poste ! Ambassadeur. Voilà de quoi se faire une bonne fortune en devises qui lui permettra d’assurer ses vieux jours et ceux de ses descendants sur plusieurs générations.
Sollicité par les membres du cabinet noir, Bouteflika a fini par accepter d’envoyer son ancien rival loin du pays. Le Pakistant, une destination où ira se faire oublier le piètre candidat de la présidentielle de 2004.
Bizarre, vraiment bizarre ce qui se passe en Algérie. On n’imaginerait jamais Nicolas Sarkozy envoyer Ségolène Royal ambassadrice de France quelque part dans le monde alors qu’elle était sa principale rivale à la dernière présidentielle. C’est tout comme il est impossible d’imaginer François Hollande premier ministre à la tête d’un gouvernement à majorité UMP.
En Algérie, pays des paradoxes et des miracles ces scénarii sont réels. Cela ne relève guère de la fiction. Mieux encore, la rivalité entre partis politiques est ramenée par le sieur Ahmed Ouyahia à celle de deux clubs de football. « Le FLN et le RND c’est comme le MCA et l’USMA», ces deux vieux clubs populaires algérois qu’on désigne de frères ennemis. Leurs supporters se disputent le temps d’une partie de football pour fraterniser toute l’année.
C’est ça la politique à l’algérienne.
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