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Diplomatie à l'algérienne
 

 

Pour qui roulent ces ambassadeurs et consuls (suite)

 

Notre article consacré aux ambassadeurs et consuls qui sont indéboulonnables de leurs postes n’a pas manqué de susciter nombre de réactions de la part de nos lecteurs.

On nous a beaucoup écrit au sujet de Abderrahmane Meziane Cherif consul général à Paris. Il est à rappeler que cet ancien employé de la wilaya d’Alger dans les années soixante du temps de Slimane Hoffman a connu une fulgurante ascension. C’est dans le courant de la décennie noire marquée par la promotion des médiocres sou l’ère de Chadli que Abderrahmane Meziane Cherif s’est vu propulser wali. Après une traversée du désert, il profitera de l’état de déliquescence dans lequel a sombré l’Algérie au début des années ’90 pour décrocher le poste de ministre de l’intérieur.
A ce poste, il gèrera les camps de déportation du sud pour le compte du cabinet noir véritable détenteur du pouvoir politique en Algérie durant la décennie sanglante. Il est le responsable de la disparition de milliers d’Algériens enlevés par les services de police dont il était le patron numéro un. Tout comme il n’a pas manqué de signer des décrets et arrêtés ministériels pour justifier l’arbitraire dont ont été victimes de nombreux citoyens de la part du pouvoir occulte. Pour ces actes, qu’on peut assimiler à des crimes contre l’humanité, un groupe de citoyens algériens envisagent de déposer plainte contre l’actuel consul général d’Algérie à Paris.

Après avoir quitté le ministère de l’intérieur et après un congé sabbatique de quelques mois, Abderrahmane Meziane Cherif passe, sans fracas, au corps diplomatique. Il sera nommé ambassadeur d’Algérie en Tchéquie en 1998 avant de prendre les clés du consulat général à Paris. Cela fait une bonne dizaine d’années que ce serviteur zélé du cabinet noir est en poste à l’étranger. Et il n’est pas prêt de rentrer au pays. A moins que la plainte qui sera déposée contre lui finira par lui faire plier bagage.

Autre privilégié signalé, par nos lecteurs, un certain Djakta qui était en poste aux Etats-Unis. Ayant eu un incident avec une de ses collègues à qui il avait brûlé ses vêtements, il a été rappelé à Alger pour un poste de directeur. Un poste qu’il refusa en exigeant à ce qu’il soit envoyé à Genève. On lui rappelle que dans cette ville il y a Driss El-Djazaïri, un diplomate chevronné et pas facile à vivre pour les magouilleurs. Djakta, loin de se décourager répond « je saurai le gérer et le mettre dans ma poche ». Chose tout à fait possible pour quelqu’un qui a des liens solides dans les arcanes du pouvoir occulte. Et Djakta est à Genève où il coule des jours heureux.

Une source du ministère des affaires étrangères nous informe que d’habitude, le mouvement du personnel diplomatique est affiché et tous les fonctionnaires du ministère en prennent connaissance. Cette fois, vu le grand nombre de diplomates maintenus à leurs postes, il n’y a pas eu d’affichage. Tout s’est fait par le bouche à oreille.

 

14/05/05

 
 


 

 

 

 

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