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Détournements des deniers publics
 

Pour quels parrains roulent ces ambassadeurs et consuls ?

 

 
Mourad Medelci, ministre des affaires étrangères
n'a aucun pouvoir sur les ambassadeurs et consuls

 

Quel est le secret de la longévité de Abdelaziz Mouawi  à Tunis où il est ambassadeur d’Algérie depuis 2.000?

 

Au moment où l’on mettait à la retraite des cadres universitaires à peine âgé de 50 ans et parfois moins, son excellence l’ambassadeur d’Algérie en bon septuagénaire (75 ans) se la coule douce à Tunis. Le poste qu’il occupe est considéré comme sensible et relève des prérogatives du chef de l’état. Qui est derrière cet homme ?

 

La même question mérite d’être posée au sujet de Abdelhamid Saïdi qui a battu tous les records de longévité. Ce vieillard de 78 ans est consul d’Algérie à Marseille depuis les années 90. Il est toujours en poste. Il n’est pas concerné par le mouvement que vient d’effectuer le président de la république dans le corps des ambassadeurs et consuls.

 

C’est quoi être consul à Marseille et qu’est-ce que ça demande comme bagages et connaissances pour que Abdelhamid Saïdi fasse carrière dans la cité phocéenne aux frais du pauvre contribuable algérien ?

 

Il est vrai que Marseille n’est pas n’importe quelle ville pour les Algériens. Depuis longtemps on la surnomme la 49ème  wilaya (département) d’Algérie pour la forte concentration de la communauté algérienne dans cette ville. Les affaires de beaucoup de décideurs du pouvoir algériens y sont florissantes. Abdelhamid Saïdi a de solides parrains et gère sûrement des affaires très importantes pour connaître cette longévité peu habituelle chez quelqu’un de son âge.

 

 

Dans le cercle des retraités qui ne sont pas prêts de lâcher le morceau on compte l’actuel directeur de l’Institut du Monde Arabe de Paris. Mokhtar Taleb Bendiab, 76 ans, ancien directeur du Centre Culturel Algérien de Paris ne connaît pratiquement de l’Algérie que l’odeur des pétrodollars qui garnissent son compte bancaire. Le bonhomme a passé l’essentiel de sa vie à l’étranger.

 

Qu’on en juge de par son parcours : 

Attaché de presse auprès de l’ambassade d’Algérie au Caire, attaché culturel et de presse auprès de l’ambassade d’Algérie à Rabat, membre de la délégation permanente de l’Algérie auprès de l’ONU et vice-président du comité spécial des Nations-Unies contre l’apartheid, consul d’Algérie à Toulouse, consul général adjoint à Lille, Ministre conseiller auprès de l’ambassade d’Algérie à Paris, ambassadeur d’Algérie au Liban, chargé de mission auprès des organisations régionales et internationales (Ligue Arabe-ALESCO-Non Alignés-UNESCO-OUA-ONU).

 

Rares les privilégiés qui peuvent prétendre à une si longue carrière à l’étranger avec une variété de postes qui va d’attaché de presse à consul pour finir directeur de l’IMA. Il est à rappeler qu’il y a quatre ans un decret présidentiel avait été signé pour relever Mokhtar Bendiab de ses fonctions de directeur du CCA  et faire valoir ses droits à la retraite. Mais par un tour de passe-passe joué au plus haut niveau des cercles du pouvoir, le décret et jeté à la poubelle. Et notre septuagénaire continue à ce jour à gérer ses affaires et celles de ses parrains dans la capitale française qu’il ne peut plus quitter.

 

Autre figure à prétendre au guiness book des diplomates algériens l’actuel consul général à Paris Abderrahmane Meziane Cherif. Ancien wali d’Alger, et après une courte période de disgrâce où il faisait le pied de grue dans les cabinets ministériels et des walis pour régler ses affaires personnelles. Et un beau jour de l’année 1993, il se voit, contre toute attente, bombardé ministre de l’intérieur.

 

En bon flic numéro un du pays, il cautionne tous les abus de ses parrains. Il gère les camps de déportations du sud du pays. Il signe même des décrets en violations des lois de la république. Et dans l’Algérie de l’impunité il ne sera jamais inquiété. N’est-ce pas de l’abus du pouvoir quand il signe un décret de suspension de l’hebdomadaire Le Libre (le 12 novembre 1994) pour une durée indéterminée alors que la loi limite la suspension d’une publication à six mois au maximum.

 

Pis encore, ce serviteur zélé des cercles maffieux ira jusqu’à accuser le directeur de publication de cet hebdomadaire d’avoir publié des informations ayant « provoqué des troubles à l’ordre public et à la sécurité publiques » et… comble des combles avoir porté « atteinte aux intérêts supérieurs du pays.» Une accusation qui ne sera pas retenue par le tribunal d’Alger lors de son audience du 16 avril 1996. Ce qui prouve que le sieur Abderrahmane Meziane Cherif est coupable d’un deuxième abus de pouvoir. Mais au pays des paradoxes, il ne sera jamais inquiété.

 

Bien au contraire. Il sera récompensé par un poste d’ambassadeur en Tchéquie. Sans passer par la case du Ministère des Affaires étrangères après un premier poste et sans transition aucune il est nommé consul général à paris. Et voilà Monsieur Abderrahmane Meziane Cherif bourlinguer à l’étranger depuis une bonne dizaine d’années sans avoir posé ses valises à Alger ne serait-ce qu’un jour.

 

Autre exemple de consul qui a un fil à la patte c'est celui de Abdelaziz Sebaa. Cet ancien journaliste de l'hebdomadaire Algérie-Actualités a fait du journalisme un tremplin pour s'ouvrir d'autres horizons. Il se retrouve directeur de l'information au ministère des affaires étrangères au milieu des années 90 pour décrocher le poste de consul à Montréal en juillet 2003 *. Mais comme son fil n'est pas solide, Abdelaziz Sebba est concerné par le dernier mouvement opéré par le chef de l'état et doit rentrer à Alger prochainement.

A Lille, le consul général Abdelmalek Nourani bien que nouvellement installé dans ses fonctions (il y a à peine 2 ans) fait aussi partie de ces diplomates qui ont un fil à la patte. Ce qui se raconte sur son compte est tout simplement effarant.

 

Nous ne pouvons nous permettre de publier le contenu d’un courrier récemment envoyé par un lecteur bien au fait des affaires du consul général et du vice-consul Hocine Amichi jusqu’à vérification auprès des concernés. Si les informations qui nous sont parvenues s’avèrent justes il ne resterait plus aux autorités d’Alger qu’à fermer le consulat général de Lille à défaut de renvoyer une grande partie du personnel. Ce qui se passe dans ce consulat est très grave. Il y va de la dignité de l’Algérie et des Algériens.

 

Selon les informations qui sont en notre possession, le consulat général de Lille serait une chasse gardée d’un clan du pouvoir dirigé par ce qui reste des anciens sous officiers de l’armée coloniale qui sévissaient au cabinet noir. Nous y reviendrons.

 
 


 

 

 

 

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